Scandale d'abus s3xuels au Mali: la FIBA mène une enquête

Amadou Bamba, le coach de l'équipe féminine de basketball des U19, est accusé d'avoir commis des abus sexuels sur des mineures.

Les basketteuses africaines sont entrées sur le terrain pour le début des championnats continentaux samedi, dans l'ombre de l'un des plus grands scandales d'abus sexuels du continent.

En début de semaine, un rapport commandé par l'instance dirigeante du basket-ball, la Fiba, décrit en détail les abus répandus de longue date dans le sport féminin au Mali, en particulier chez les adolescentes.

Le rapport blanchit le président de la Fiba, le Malien Hamane Niang, qui dirigeait la Fédération malienne de basket-ball (FMBB) entre 1999 et 2007.

Le Mali est l'une des 12 équipes participant au tournoi Afrobasket féminin au Cameroun, où seuls les finalistes seront en lice pour la Coupe du monde de l'année prochaine.

Les joueuses maliennes, qui ont subi des "décennies" d'abus, ont enfin été entendues, mais il n'a pas été facile d'en arriver là.

Samedi, le Mali a entamé sa campagne d'Afrobasket féminin contre la Tunisie par une éclatante victoire.

Le rapport de la FIBA cite des cas d'"ingérence et d'obstruction" et d'"intimidation de victimes et de témoins" de la part de la Fédération malienne de basket-ball 5FMBB), qui cherchait à dissimuler des abus - allant de "sexuels" à "psychologiques" - commis par son propre personnel.

Sept responsables du FMBB sont suspendus, dont l'entraîneur de l'équipe féminine junior, Amadou Bamba, qui est actuellement en prison dans l'attente d'un procès pour des infractions qu'il nie avoir commises.

"Une acceptation institutionnalisée de l'abus des joueurs existe au sein du FMBB et aucune action ou effort n'a été tenté pour reconnaître ou corriger cela", indique le rapport accablant.

Au-delà des abus, le rapport de Richard McLaren, qui a supervisé l'enquête sur le dopage russe en athlétisme, souligne également combien il a été difficile pour les victimes, souvent adolescentes, de se faire entendre.

Non seulement il existe des tabous culturels concernant la prise de parole, mais les joueuses craignaient pour leur sécurité, leur place dans l'équipe et les représailles, tout en n'ayant jamais été informées de leurs droits.

Celles qui ont eu le courage de parler se sont heurtées au déni, à la négligence, à l'intimidation et à la dissimulation.

L'enquête ouverte au terme des révélations de Human Rights Watch le 10 juin dernier avait permis de mettre Amadou Bamba, le coach accusé des actes d'abus sexuels sur mineurs, aux arrêts. Depuis, les familles attendent que d'autres responsables qui ont couvert les crimes soient eux aussi interpellés, mais les investigations de la FIBA (Fédération internationale de Basketball) semblent battre de l'aile, et la lanceuse d'alerte risque de ne plus pratiquer son sport.

"Tu es en train de me fuir, je vais t'enlever de ma sélection". Ce furent les premières menaces de l'entraîneur envers sa victime. Effrayée et en pleurs, il a fallu que ses proches la consolent et lui assurent que son entraîneur n'avait aucun droit de la mettre de côté. Le harcèlement et les avances du coach continuèrent malgré tout, jusqu'à ce que le scandale ne soit rendu public.  

C'est ce que le père de la jeune fille a confié à la DW. Celui-ci a demandé à rester anonyme. 

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