Procès des insurgés de Kondengui : quatre prévenus se présentent devant la Cour… en caleçons !

Aussi incroyable et improbable que cela puisse paraître, des détenus incriminés suite aux émeutes de Kondengui se sont présentés dénudés au Tribunal de première instance d’Ekounou de Yaoundé devant l’assistance ahurie.
La cause de cet accoutrement indécent devant tous les honorables magistrats présents à l’audience découlerait du fait que les vêtements des incriminés auraient été volés lors de leur déportation et leur garde à vue pour les besoins de l’enquête.

Ce sont 4 parmi les 92 prisonniers concernés par le procès, qui devaient se présenter à cette audience du 7 août 2019, durant lequel le juge devait statuer sur leur sort suite aux faits de droits communs pour lesquels ils sont incriminés.
En effet, ces détenus ont été arrêtés à l’issue de la révolte et de la manifestation violente qui a lieu à Kondengui le lundi 22 juillet passé.
Parmi eux, Tanyi Robert Tataw, un militant du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc).

A leur arrivée dans cette tenue insolite pour cette rencontre solennelle, le public a été scandalisé par tant que laxisme dans le système judiciaire au Cameroun.
C’est ainsi que les avocats excédés des mis en cause en sous-vêtements, entre autres Me Simh et Me Temate, ont refusé que l’identification des accusés ait lieu.
Ils ont plaidé le fait qu’il était indigne de juger un individu presque dans la nudité, et que cela n’a jamais eu lieu dans une juridiction camerounaise.

Le juge consentira à leur requête et l’audience sera suspendue afin de permettre aux gardiens de prison d’aller chercher de quoi couvrir le corps de ces détenus.
Toutefois, à la reprise de ladite audience, un seul des quatre détenus était habillé…

Notons qu’il y’a de cela quelques jours, au retour des insurgés à Kondengui, les avocats du MRC, outre le fait d’avoir dénoncé les tortures qu’auraient subi leurs clients, ils ont fait savoir que les gardes pénitenciers et leurs codétenus ont vandalisé les cellules et pillé leurs maigres affaires des déportés.
Par la suite, ils auraient vendu leur butin dans la cour même du centre pénitencier, sous l’œil amusé et complice des autorités de la prison…

 

 

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