De sœurs siamoises à jumelles séparées : le parcours du combattant des petites camerounaises Bissie et Eyenga !


6 novembre 2018, centre de santé à Ayos, département du Nyong et Mfoumou, région du Centre.
En ce jour, une naissance hors du commun met le personnel de santé de cette petite ville dans le qui-vive.
 La jeune Laurel, vient de donner naissance à deux petites filles, reliées au niveau du thorax.

Les nouveaux nés sont tout de suite acheminés à l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé (Hgopy) pour une meilleure prise en charge. Elles y sont accueillies le 12 novembre 2018.
'' Elles avaient ce qu’on appelle une omphalite. Nous avons soigné cela et au fur et à mesure, d’autres problèmes de santé dont des infections virales ont fait leur apparition. Au cours de cette hospitalisation, nous avons fait ce qui est nécessaire pour leur santé '', expliquait Pr Fru Angwafo III, directeur de cette formation sanitaire.

 ‘’ Nous pensons pour ce cas précis, que la séparation vaut la peine. Le foie étant fusionné partiellement, la séparation est possible ‘’, avait-il poursuivi.

Le directeur de l’Hgopy se prononce également sur le premier obstacle des médecins camerounais pour la chirurgie lourde des jeux jumelles : l’insuffisance des plateaux techniques des hôpitaux camerounais.
’  Nous avons eu cinq réunions multidisciplinaires avec tous les spécialistes qui se trouvent à Yaoundé et à Douala et des éminents spécialistes de nos facultés en chirurgie pédiatrique, hépatique, anesthésie réanimation, pédiatrie et néonatalogie et en biologie clinique. Au départ, nous avons voulu faire une prise en charge au niveau local. Mais, on s’est buté au plateau technique qui n’était pas adéquat pour ce cas précis. ‘’ déclarait-il en avril dernier.

Face à cette incapacité, l’option d’une évacuation sanitaire est envisagée. Selon des sources, celle-ci est évaluée par l’hôpital lyonnais choisi pour l’intervention, à hauteur de 40 millions Fcfa. La famille, incapable de mobiliser une telle somme, pousse un cri de détresse.
‘’ J’ai besoin d’aide. Il faut de l’argent pour faire voyager mes enfants et leur donner une chance de survivre et d’avoir une vie normale ‘’, supplie Laurelle Ngali.
Comble de son désespoir, elle a été abandonnée le père de ses enfants.
 ‘’ Il est arrivé mais dès qu’il a vu les enfants, il a fui. Il a dit qu’il ne peut pas avoir fait de tels enfants’’.

C’est par la suite qu’un dossier relatif à cette évacuation a été introduit au ministère de la Santé publique d’où un cadre précise que ce dernier a été traité et envoyé au ministère des Finances.
Dans la foulée, face à la longue attente, journalistes, influenceurs et toutes autres âmes sensibles se saisissent du dossier.

‘’ Une fois que le ministère de la Santé publique a validé le dossier d’évacuation, c’était au ministère des Finances de valider l’aboutissement, ce qui a été fait. L’argent a été transféré à l’ambassade du Cameroun en France et éventuellement de l’ambassade à l’hôpital de Lyon où les enfants doivent être pris en charge ‘’ , avait rassuré le directeur général adjoint de l’Hgopy, Dr Charles Nsom Mba, dans Cameroon tribune, le 22 octobre 2019 dernier.
Les appels à l’aide se multiplient et les âmes de bonne volonté réagissent. Chacun à son niveau apporte son concours pour que la jeune dame ait au quotidien de quoi subvenir aux besoins des jumelles. Des aides qui s’ajoutent à l’appui constant de l’Hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé, jusqu’à leur arrivée en France.

Un mois après, les deux jumelles voient enfin de le bout du tunnel, avec l’aide d’une équipe d’une vingtaine de spécialistes constituée de pédiatres de radiologues d’anesthésistes, d’infirmières, qui se sont se sera relayée pour garantir le succès de cette intervention
« Bissie et Eyenga vont bien. Les deux petites siamoises camerounaises sont maintenant des jumelles. L’opération réalisée par Hospices civils de Lyon pour les séparer a duré cinq heures et a mobilisé une équipe par petite fille. Un grand merci aux équipes pour leur formidable travail […]», a écrit la formation sanitaire basée en France sur la page Facebook de son Hôpital femme, mère et enfant le 13 novembre dernier.

C’est une nouvelle vie qui commence pour les deux jumelles, qui devront être de retour au bercail dans un mois, le temps que durera leur convalescence.

 

 

 

 

 

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