10 jours après le drame à Bafoussam / Entre traumatisme et problèmes de recasement : le cauchemar continue pour les rescapés !

Le 28 octobre dernier, le quartier Gouache sis à Bafoussam a été le théatre d'un tragique glissement de terrain qui a entrainé la mort de 43 personnes et englouti une dizaine de demeures.
10 jours plus tard, les sinistrés et rescapés de l'éboulement se retrouvent pris au piège dans cette zone à risque qu'ils ne peuvent pourtant pas quitter, faute de moyens.

La question du recasement des familles endeuillés et des rescapés donne autant de fil à retordre aux autorités qu'aux sinistrés.
En effet, vu l'instabilité du sol et la forte pluviométrie dans cette partie du pays, les riverains sont sommés de quitter les lieux.

Mais à défaut de foyers pour les accueillir, la tâche s'annonce ardue.

 Pour certains, il est difficile de quitter un domicile acquis après tant d'efforts et de sacrifices.
C'est le cas de Jérôme Diffo Die, habitant Gouache 4 bloc 6, qui tente de sauver les tôles de sa maison construite il y a 16 ans. 

Il doit abandonner son terrain acquis à 1200.000 FCFA avec un investissement évalué à près de 4 millions FCFA.
Pour le moment, il a trouvé un espace chez des connaissances pour accueillir sa femme et ses enfants.

Les matériaux ainsi récupérés, seront acheminés vers son village Bamendjo dans l'arrondissement de Mbouda, département des Bamboutos.
''Nous sommes obligés de quitter les lieux même si on ne sait pas où aller. La crise anglophone a d'abord créé un manque de logements dans la ville. Trouver une chambre est désormais un parcours de combattant. On nous a demandé de se rendre à la place des fêtes de Bafoussam pour recevoir des matelas ou des clés pour un site où dormir. Les autorités nous ont demandé de libérer les lieux même si notre maison n'a pas été touchée. Je suis contraint de chercher un moyen de transport pour acheminer mon mobilier chez mes parents à Mbouda'' , se lamente de rescapé.

A quelques pas de là, un groupe de sept femmes, également contraintes de quitter les lieux, expriment leur désarroi.
'' Nous sommes sans abri aujourd'hui pourtant je savais que je vais désormais concentrer mon attention et mes moyens à l'éducation de mes enfants '', lance l'une d'elles.
'' Les autorités nous ont promis des logements provisoires en attendant les recasements définitifs '',ajoute sa voisine.
''Donc, vous pensez que cela sera définitif ? Si oui, dans combien de temps ? '', s'interroge une autre plus sceptique.
Dans la foulée, une femme au passage confiera qu'elle a pu avoir les clés de deux chambres au ''Centre de formation et de recyclage de l'Uccao '', l'un des endroits retenus pour accueillir les personnes déguerpies de cette zone sinistrée.

Nos confrères du Journal Le Jour se sont rendu au centre d'accueil cité plus haut.
Ici, quelques familles ont déjà élu domicile.
 Sorelle Junie Massop avec son bébé de trois semaines dans les bras admet n'être pas encore délivrée du traumatisme.
J'ai perdu l'appétit avec ce que j'ai vu dans la zone du sinistre. Nous avons perdu des amis, des voisins et autres. Nous sommes aujourd'hui obligés de quémander un abri. Ma mère a pu avoir les clés de cette maison qui nous accueille depuis dimanche dernier. Nous voulons simplement que l'Etat nous trouve un site de recasement définitif comme annoncé, dans de brefs délais '', a-t-elle déclaré.

Quant aux blessés, ils sont désormais hors de danger à l'hôpital régional de Bafoussam.
'' Les 11 patients actuellement internés à l?hôpital régional de Bafoussam après le drame de Gouache sont sous contrôle. Ils sont hors de danger. Ils ont de petites blessures, des troubles psychologiques qu?on est en train de régler. Pour le moment, la prise en charge est gratuite. Nous filtrons les entrées. Les 11 patients sont des vrais rescapés parce que les autres qu?on cite sont des déguerpis. Nous restons en alerte pour les cas de traumatisme liés à ce drame '', renseigne le Dr Michel Noubom, conseiller médical dans ce centre.

 

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