Dialogue intrusif : Paul Biya congédie catégoriquement Maurice Kamto et Ayuk Tabe de la table des négociations !

C’est la désillusion chez les sympathisants du leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun et de l’Ambazonie.
En effet, alors que certains voyaient dans ce dialogue intrusif tant revendiqué, une réconciliation entre le Président et Maurice Kamto, ainsi qu’un moyen pour accorder la grâce présidentielle à Ayuk Tabe, Paul Biya dans son discours, s’est montré intransigeant : ce dialogue sera exclusivement dirigé par le régime d’Etoudi.

Dans son discours à la nation prononcé ce mardi 10 Septembre 2019, le Président de la République, Paul Biya, a fait part de sa volonté d’entamer les démarches pour le début du dialogue intrusif, visant à mettre fin aux conflits meurtriers anglophones, qui ont fait des milliers de victimes dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays.

Toutefois, le Chef de l’Etat a tenu à préciser qu’en prélude à ce dialogue, tant préconisé par plusieurs personnalités politiques camerounaises et les institutions internationales, il n’est nullement disposé convier à ces échanges Maurice Kamto, qui s’était pourtant proposé comme médiateur volontaire, et Ayuk Tabe, principal instigateur de la crise qui a nécessité la tenue de ces concertations.
‘’ Je voudrais d’ailleurs en profiter pour préciser que le respect de la règle de droit et la lutte contre l’impunité constituent les piliers de la consolidation de l’Etat de droit, à laquelle nous aspirons tous. Fouler aux pieds la règle de droit et assurer l’impunité à certains citoyens, aboutiraient à préparer le lit de l’anarchie ‘’, a clarifié Paul Biya.

Dans la même lancée, le Président a tenu à mettre un terme définitif aux supputations qui soutenaient une éventuelle grâce présidentielle qu’il aurait l’intention d’accorder à ces détenus, incarcérés suite à des accusations d’insurrection et d’hostilités envers la nation.
’Il est donc fondamental, à ce stade, de dissiper les rumeurs selon lesquelles, l’on peut tranquillement piller, violer, incendier, kidnapper, mutiler, assassiner, dans l’espoir qu’un éventuel dialogue permettra d’effacer tous ces crimes et assurera l’impunité à leurs auteurs’’ a déclaré le locataire de l’Etoudi.

Toutefois, aux dernières minutes de sa présentation, le Président s’est montré un peu plus flexible et a déclaré que ces dispositions ne sont pas stoïques, et que la grâce présidentielle peut bien leur être accordée, mais suivant certaines ‘’conditions’’.
‘’Il est toutefois vrai que dans le cadre d’un dialogue, d’un processus de paix ou de réconciliation nationale, il puisse être envisagé l’éventualité d’un pardon, dans certaines conditions(…)
Il est tout également vrai qu’aux termes de notre Constitution, le Chef de l’Etat est habilité à user d’un droit de grâce’
’ a-t-il déclaré, jetant ainsi, de nouveau, un voile de doute dans l’esprit des camerounais.

Dorénavant une question taraude principalement l’esprit des camerounais :
A quoi consistent ces ‘’conditions’’ auxquelles le Président fait allusion ?
Appelle-t-il Maurice Kamto et Ayuk Tabe à renoncer à leurs aspirations politiques, s’ils escomptent quitter les geôles de Kondengui ?

Affaire à suivre…

 

 

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